Si certains changements sont inévitables, une mutation professionnelle, un déménagement, une rupture amoureuse, une maladie etc, d’autres traduisent l’envie de nouveauté ou d’améliorer certaines choses dans notre vie, comme changer notre alimentation pour perdre du poids. En tant que tel, vouloir manger équilibré semble simple, et c’est généralement le cas lorsque ce choix résulte d’une réflexion consciente. Dans d’autres contextes, même si ce n’est pas l’envie ou la volonté qui manquent, ce n’est pas aussi évident, d’où la nécessité de comprendre comment s’intègre le changement dans notre esprit. Lorsque nous répétons une même façon de faire, on ne se pose plus vraiment de questions, on agit inconsciemment, par automatisme : on suit un régime, on compte les calories, on mange toujours les mêmes plats, on supprime certains aliments, soit une manière de faire où tout semble prévisible et maîtrisé, mais qui démontre aussi que nous n’avons pas une relation naturelle avec l’alimentation. Pourtant, suivre des méthodes restrictives n’a jamais eu pour rôle d’instaurer de nouvelles habitudes alimentaires ni d’ancrer un poids stable dans le temps, bien au contraire. Les régimes maintiennent la frustration, la privation, le contrôle et un sentiment d’échec qui alimentent souvent certaines pensées : « J’aurai dû faire attention, je ne dois pas manger certains aliments si j’aime maigrir, j’ai encore échoué… » qui pèsent sur le psychisme et entraînent le stress, la tristesse, la culpabilité, le désespoir, la colère… Ces notions psycho-émotionnelles ont impérativement besoin d’être considérées, car le cerveau joue un rôle majeur dans la perte de poids durable.
Prendre conscience de nos mécanismes inconscients pour nous libérer
Câblé pour assurer notre survie, le cerveau cherche en permanence à économiser de l’énergie, ce qui explique pourquoi il préfère les routines et évalue sans cesse son environnement. Lorsqu’il est confronté à l’incertitude et à l’inconnu, et selon le contexte, l’identité et les ressentis, le cerveau s’adapte à travers ses mécanismes de défense (opération psychique du traitement de l’information et des émotions qui se fie à ce que nous avons l’habitude de faire et de ressentir). Selon nos comportements et notre état émotionnel, le cerveau peut percevoir une menace et nous pousser à reproduire ce qui lui est familier (des expériences passées), car il sait comment y survivre. C’est précisément cela qui doit attirer notre attention pour comprendre que la perte de poids durable est un objectif qui demande de remettre en question nos mécanismes inconscients et de nous sécuriser intérieurement. Retrouver notre sécurité intérieure demande de reconnaître que notre cerveau est « en mode survie » et d’agir pour le rassurer. Pour cela, puisque le cerveau associe l’inconnu au danger et qu’il reproduit le comportement passé, il est nécessaire de lui donner de nouveaux repères à travers de nouvelles petites routines quotidiennes, d’accueillir nos émotions (accepter de ressentir pleinement), tout en changeant notre discours intérieur (nos croyances limitantes) : » Mon cerveau agit pour me protéger, s’il sent que je stresse, que je dis que je n’y arriverai jamais, que c’est dur ou autre, il est en alerte et reproduit. Pour intégrer et ancrer de nouvelles habitudes alimentaires, je pense et je fais comme si le changement avait déjà opéré en me disant qu’aujourd’hui, je perds du poids en prenant soin de moi. Je mange selon mes besoins et mes envies, je suis attentive à mes ressentis, j’avance pas à pas et je me sens en sécurité… »
Se reconnecter à soi
Nous comprenons que l’incertitude, l’insécurité et le contrôle se cachent derrière le changement, et il n’est pas possible de voir une véritable transformation opérer en agissant depuis une part de soi qui est en survie. Ce mécanisme nous pousse à faire des choix, à prendre des décisions et à agir à l’encontre de ce que nous voudrions réellement. Sans remettre en question nos capacités d’agir, c’est avec bienveillance que nous pouvons prendre du recul et nous demander : « Quelle situation je vis ? Qu’est-ce que je ressens véritablement ? Pourquoi est-ce que je veux perdre du poids ? Qu’est-ce qui me tient le plus à cœur à travers ma démarche ? Dans cette écoute, depuis une autre énergie que celle du mental, il devient possible de clarifier consciemment notre intention, d’apprendre à accueillir pleinement nos émotions et d’agir en cohérence avec la femme que nous voulons être. Mais les phrases « se reconnecter à soi ou écouter son cœur » sont devenues tellement cliché, qu’elles ont perdu tout leur sens. Pour qui sait véritablement les entendre et comprendre leur valeur profonde, elles sont une source profondément libératrice : « Pourquoi recommencer des régimes puisque ça ne fonctionne pas ? Quelle vie vais-je vivre si rien ne change ? Et qu’est-ce qui m’empêche de concrétiser ce qui compte le plus pour moi ? J’agis par automatisme. Depuis des années, je maigris, grossis, maigris encore, je me prive, je supprime des aliments, je finis par craquer, puis je m’en veux… Je comprends qu’inconsciemment, je m’accroche à cette situation, car mon cerveau veut me protéger. Aujourd’hui, je peux ralentir, agir consciemment et choisir de perdre du poids en mangeant à ma faim et avec plaisir. » Lorsque nous comprenons cela, nous pouvons observer nos habitudes et nous autoriser à lâcher progressivement ce qui nous fait souffrir et non plus nous y accrocher.
